Dans la mythologie japonaise, peu de créatures concentrent autant de contradictions que le Kitsune. Ce renard à la fois divin et rusé, protecteur et dangereux, messager des dieux et maître de l'illusion, occupe une place unique dans l'imaginaire japonais depuis plus de mille ans. Selon les textes, les régions et les époques, le Kitsune peut être le gardien bienveillant d'un sanctuaire shinto, un esprit maléfique qui possède les humains pour les mener à leur perte, ou un être intermédiaire dont la nature profonde échappe à toute catégorisation simple. Cette ambivalence n'est pas une incohérence : elle est au cœur de ce que le Kitsune représente dans la pensée japonaise, une créature qui incarne la frontière floue entre le monde des...
Le bambou pousse partout au Japon. Dans les jardins des temples, le long des chemins de montagne, derrière les maisons ordinaires des quartiers résidentiels. On le trouve dans les cuisines, dans les ateliers d'artisans, dans les salles d'entraînement des arts martiaux, dans les cérémonies religieuses et dans les compositions florales des maisons traditionnelles. Difficile de trouver un autre végétal qui ait autant imprégné tous les aspects d'une civilisation. Mais ce qui a fait du bambou bien plus qu'une plante utile dans la culture japonaise, c'est ce qu'il incarne. Cette capacité à plier sous le vent sans se briser, à pousser droit vers le ciel quelles que soient les circonstances, à rester vert et vivant même sous la neige de l'hiver....
Rares sont les poissons qui ont inspiré autant de tatouages, de tableaux, de légendes et de philosophies. La carpe Koï en fait partie, et de façon peut-être plus complète que tout autre animal dans l'imaginaire japonais. Ce poisson aux couleurs vives, que l'on retrouve dans les jardins des temples, sur les tatouages, les kimonos, les drapeaux de fêtes et les œuvres d'art, est bien plus qu'une simple espèce ornementale. Il incarne des valeurs profondes de courage, de persévérance et de transformation qui résonnent au cœur de la philosophie japonaise depuis plus de mille ans. Et chacune de ses couleurs, du rouge écarlate au blanc immaculé, du noir profond à l'or étincelant, porte une signification précise qui enrichit encore davantage cette...
Il existe dans l'histoire de chaque grande civilisation des périodes pendant lesquelles tout semble s'aligner pour produire une floraison culturelle exceptionnelle. Pour le Japon, cette période s'appelle l'époque Edo. Entre 1603 et 1868, sous le contrôle strict du shogunat Tokugawa, le Japon vit deux siècles et demi de paix relative, d'isolement volontaire du monde extérieur et d'une effervescence culturelle sans précédent dans son histoire. Les arts, la littérature, la gastronomie, la mode, l'architecture et la philosophie connaissent des développements remarquables qui définissent encore aujourd'hui une grande partie de ce que le monde entier reconnaît comme typiquement japonais. Le kabuki, l'ukiyo-e, le haïku, le sumo, les sushi, le kimono dans sa forme moderne : tout cela est né ou s'est épanoui...
Guerriers de l'ombre vêtus de noir, capables de se rendre invisibles, de marcher sur l'eau et de disparaître dans un nuage de fumée : l'image que le cinéma, les mangas et les jeux vidéo ont construite autour des ninja est tellement spectaculaire qu'elle a presque entièrement recouvert la réalité historique. Et pourtant, la vérité sur les ninja est à la fois plus sobre et plus fascinante que la légende. Ces hommes et ces femmes ont réellement existé, ont joué un rôle militaire et politique concret dans le Japon féodal, et ont développé des techniques de combat, de survie et de renseignement d'une sophistication remarquable. Qui étaient-ils vraiment ? Comment vivaient-ils ? Et comment une réalité historique somme toute assez prosaïque...